Flaminio Bertoni

Flaminio Bertoni, façonna et sculpta pendant plus de 30 ans l’image des véhicules au double chevron. Il repose depuis 1964 au cimetière d’Antony. C’est des mains de ce sculpteur, promu Chevalier des arts et des lettres par André Malraux, que naquirent ces carrosseries présentes dans nos esprits.Flaminio Bertoni est embauché aux usines d’André Citroën en 1932, où il prend rapidement la direction du service du “Style” de la grande marque automobile, qu’il gardera jusqu’à sa mort en 1964. Cet homme hors du commun et aux talents multiples est né le 10 Janvier 1903, à Varèse en Italie. Très vite, il se fait remarquer par ses dons de dessinateur, occupant ses loisirs à dessiner. Sa grande habileté le fait remarquer à l’automne 1922, par une délégation française de techniciens, en visite à l’usine Macchi où il travaille. Bertoni se voit offrir un voyage d’étude en France, à Paris. Il est embauché successivement aux carrosseries Felbert, puis Manessius, et enfin pour une année entière chez Rothschild où il rencontre Lucien Rosengart grand ami d’André Citroën. Flaminio est devenu un carrossier averti et accompli, sachant tout calculer et prévoir les impératifs techniques. Ensuite, il entre à la Sical (Société Industrielle de carrosserie de Levallois Perret) qui fabrique en sous-traitance des carrosseries pour Citroën. Remarqué par un ingénieur du bureau des études Citroën, il est rapidement embauché le 27 juin 1932 au Quai de Javel. A son arrivée dans le service carrosserie dirigé par l’ingénieur Cuinet, le projet “V” était techni-quement avancé : la future Citroën sera monocoque tout acier sans châssis, et tractée par ses roues avant, en totale avant garde sur son temps. Mais personne n’a idée de la forme qu’elle aura. Trois dessins de l’équipe carrosserie sont présentés à André Citroën, qui les refuse tous. La grande manifestation du génie de Bertoni a lieu au début du printemps 1933, quand il en sculpte la carrosserie. Du “dessin plan”, il vient d’inventer le maquettage volumique en trois dimensions. Sa création provoque l’enthousiasme d’André Citroën. Après des problèmes de liquidation, Citroën et son usine du Quai de Javel est reprise par Michelin fin d’année 1934. Ulcéré, André Citroën meurt quelques mois plus tard. Avec l’arrivée de Pierre Boulanger aux commandes du bureau d’études des automobiles Citroën, un plan drastique est mis en place et permet le redressement de la situation. Bertoni prend part aux projets futurs de la marque au double chevron : La TPV (Très Petite Voiture) et VGD (Voiture à Grande
Diffusion). La première deviendra par la suite la 2CV et la seconde la DS. Mais ces projets ne verront le jour qu’après d’autres événements tragiques : la seconde guerre mondiale. Durant cette période, il continue à travailler en grand secret sur les projets de Citroën, persuadé que l’occupation allemande ne serait pas éternelle. Et c’est la 2CV qui la première est présentée au grand public lors du Salon de l’Auto de 1948. Puis même succès pour la DS surnommée “la bombe” au Salon de l’Auto de 1955. Deux années plus tard, Citroën reçoit le prix d’honneur à la Triennale d’art et d’esthétique de Milan. Une consécration pour Bertoni!